Ville-architecture & Architecture-architecture d’intérieur, face au design.

L’impact de l’industrialisation sur le paysage urbain et architectural se traduit par l’envahissement des villes et des bâtiments par un véritable système d’objets matériels. D’un point de vue visuel : les voitures, les matériaux, les luminaires, les mobiliers urbains… sont un véritable impact sur le paysage urbain. La mobilité construit nos modes de vie offrant à la « carte » diverses possibilités, diverses zones d’activités : parking, lotissement, commerce, culture… Toutes ces zones sont construites par un ensemble de projets architecturaux. Ces représentations spatiales spécifiques ont toutefois une notion qui ne varie pas. Il s’agit de l’impact du projet moderne qui a désolidarisé la partie de la structure et celle de l’enveloppe, comme la peau, les ouvertures, les cloisons des bâtiments. La préfabrication de ces éléments passe souvent par des conceptions design. De fait, cela crée un rapport au design effectif sur le couple ville-architecture et le couple architecture-architecture d’intérieur. Ce système des objets arrive à la suite d’un long processus économique et technologique issu d’un ordre global de production et de consommation. L’approche que nous défendons est celle d’un système d’objets qui « rendent compte du réel, ce ne sont pas tant les structures cohérentes de la technique que les modalités d’incidences des pratiques sur les techniques, ou plus exactement les modalités d’enrayage des techniques par les pratiques ». [1] Par enrayage, nous n’attendons pas dé-réglage. Mais bien de faire le pas de côté qui concède de faire place au sensible, à une expression propre d’un lieu. A travers la création d’un espace, d’une situation de vie, d’une organisation spatiale,  pour créer les conditions de nos vies. L’architecture ne doit jamais oublier qu’un bâtiment est toujours supérieur à la somme des composantes qui le constituent. Son impact doit toujours être l’aboutissement, tant bien que mal, d’un équilibre. Équilibre entre socialement inscrit dans la métropole, techniquement réfléchi et raisonné, économique, écologique, formellement pensé.

 

[1] Jean BAUDRILLARD, Le système des objets – la consommation des signes, édition Médiations, 1972, p.15