La prospective des modes de vie est un exercice périlleux.

Le risque principal encouru est de développer un propos trop général qui ne prenne pas en considération la diversité des conditions sociales et l’inégalité des ressources mobilisables. Il est d’autant plus difficile dans un contexte de crise et d’incertitude grandissante.
En Grèce ou en Espagne, par exemple, l’appauvrissement d’une partie de la société a provoqué un retour des jeunes adultes (confrontés au chômage et dans l’incapacité de payer leur loyer ou de rembourser leur traite) au foyer parental, retour qui n’a pas été anticipé.

  • Des modes de vie qui ne peuvent s’appréhender qu’au regard de phénomènes qui structurent les dynamiques sociales

Développer un projet professionnel, le conduire jusqu’au bout, réussir sa vie … Nous vivons aujourd’hui dans une ère de « l’hyper-individuation ». Celle-ci se caractérise par la personnalisation des aspirations, des parcours et des modes de vie.
L’accès généralisé à l’auto-mobilité a également profondément modifié les pratiques de mobilité et les relations à l’espace : chacun dispose en effet d’une plus grande maîtrise et d’une plus grande liberté dans l’organisation de ses déplacements. Un tel modèle mériterait pourtant d’être réinterrogé du fait de l’augmentation du prix de l’énergie et des nouveaux enjeux environnementaux et de « ménagement » de la planète.
N’assiste-t-on pas à une conversion des pratiques caractérisée par une gestion plus économe de la mobilité, par le développement des « modes doux », des transports en commun et de la « multi-modalité » et par une rationalisation des déplacements individuels ? Dans le même temps, la transformation des systèmes relationnels et des sociabilités garantit des liens plus nombreux mais d’intensité moindre : des liens qui s’exonèrent d’une co-présence physique du fait de la généralisation des TIC (Technologie de l’Information et de la Communication).
Enfin, le contexte général d’insécurité sociale et d’imprévisibilité des destinées se traduit par la montée des incertitudes. Tout cela aboutit corrélativement à la recherche de nouvelles formes de réassurance et de protection sociale.

  • Des modes de vie marqués par une moindre stabilité des parcours de vie

C’est également le cycle de vie des ménages qui se complexifie avec la succession d’un plus grand nombre de séquences. On parle désormais d’adulescence pour caractériser l’étirement du passage de l’adolescence à l’âge adulte. L’augmentation du nombre de divorces ou de séparations confronte l’individu à une série de « mise en couple » assortie, ou non, de périodes de cohabitation et de temps « en solo ». Au rythme de ces trajectoires de vie plus complexes, des familles grandissent, se défont, puis se recomposent. (…)

 

Marie-Christine Jaillet (Sociologue, directrice de recherche au CNRS – Institut de la Ville)

 

Les maquettes d’étude ont permis de dégager l’imaginaire vers des ré-organisations, des recompositions surfaciques. Donnant ainsi lieu à des points spécifiques du logement. L’orientation a imaginé des espaces plus flexibles que ceux ordinairement programmés comme la cuisine, la salle de bain, les différentes chambres…